Chronique 2 : Bonjour ! (« Je viens de te dire bonjour !!!! Grrrr !!!!! »)

Publié le par TEDDY

caissiere-copie-2.png
L’une des choses les plus merveilleuses, lorsqu’on est caissier, c’est de voir combien de fois durant la journée, le caissier se prend des râteaux ! Oui, vous avez bien lu. Le caissier se prend des râteaux ! Remarque, il vaut mieux cela que de se prendre une pelle. Mdr ! Plus sérieusement. Nous, caissiers, caissières, chefs de caisse… devont impérativement saluer le client. Je n’ai pas attendu que le Dieu des clients m’apprenne ceci, car mes parents m’ont donné une bonne éducation. Cependant, je constate que ce n’est pas le cas de tout le monde. A croire qu’une minorité de personnes ont échappé au monde de l’éducation. Ce que mes parents m’ont appris : « lorsqu’on te dit bonjour, tu te dois de sourire et de répondre bonjour. » Jusque là, rien de très compliqué. Et pourtant :

Mardi matin, ouverture du magasin. Les premiers clients arrivent à ma caisse. Je salue le monsieur avec sa baguette qui me salua à son tour. Annonce du prix: « 0,50 centimes d’€ s’il vous plait… Merci… Bonne journée à vous, au revoir! » il me souhaite une bonne journée à son tour et s’en va. Jusque là, j’entame une bonne journée.

Puis vient cette cliente qui vient tous les matins. Dans son panier : le journal, la baguette, et quelques autres bricoles pour sa journée. 
« Bonjour madame. » Pas de réponse. Elle ne m’a peut-être pas entendu. « Bonjour Madame! » insistais-je. Toujours pas de réponse. J’avais en face de moi un spécimen que tout caissier connaît très bien. Le spécimen, « TU TE DIS BONJOUR A TOI TOUT SEUL ». Décortiquons cet étrange individu qui existe dans ce monde qu’est le commerce. Tout simplement, pour lui, le caissier est un objet qui passe des articles. Il pense avoir en face de lui Caisseminator. Celui qui passe les articles plus vite que son ombre. C’est pas grave, je recommencerai demain !

Le lendemain, même chose. Étant seule à l’ouverture du magasin dans la file de caisse, elle sera forcement forcée de passer à la mienne. Je la vois rappliquer toujours avec les mêmes articles du matin : son pain, son journal, et des articles divers. Je la saluai. Une fois de plus, nouveau râteau… C’est peut-être ça être caissier ! Moi je n’y crois pas.

Autre anecdote : C’était un midi. Un client vient et installe ses articles sur le tapis. « Bonjour monsieur! » lui dis-je! Il ne me répondit pas. Je refis une tentative. Cela n’aboutit à rien!! Je commençai donc à scanner ses affaires. Soudain il me dit « Où avez vous appris la politesse ? La moindre des choses est de saluer le client. » Ne comprenant pas ce qu’il se passait dans sa tête, je lui dis: « Mais monsieur, je vous ai salué deux fois. Deux fois, vous ne m’avez pas répondu !

- Ah bon ! Je suis sincèrement désolé ! répliqua t-il. Je ne vous avais pas entendu…

- Rassurez-vous, ce n’est pas grave. L’important, c’est de s’être salué maintenant. »

Je peux vous assurer qu’il se fit tout petit jusqu’à son paiement. Il quitta le magasin avant de me saluer et de me souhaiter une bonne journée.

Des histoires comme ça, j’en ai plein ! Je peux vous dire que nous, caissiers, nous avons un sentiment de tristesse face à ce genre de client. On a vraiment l’impression d’être un objet, et je m avance à dire que l’on a l’impression d’exercer un sous métier ! Mais voilà, je suis caissier, et je m’affirme. En effet, bien que cette cliente passe à ma caisse et m’ignore tous les matins, une autre cliente viendra dans la journée en me saluant par mon prénom avec sincérité et sourire. C’est des clients comme ça qui font de notre journée un rayon de soleil. Merci à vous, clients, qui nous saluez lorsqu’on vous salue.

Commenter cet article

Bambou 30/05/2008 19:28

Comme je te comprend ! J'ai fait pas mal de caisse aussi et je supporte pas ces clients qui répondent pas à un simple "bonjour". Le pire, je crois que c'est ceux qui sont au téléphone et qui nous jettent même pas un regard ...

Sinon c'est bien connu : caisse=fille et vente=mec !
Ne supportant plus la caisse, je souhaite me recycler dans la vente. Dur dur de trouver un employeur qui fasse confiance !